Agir ou réagir ?

par / mercredi, 23 mars 2011 / Publié dansEnrichir les Collaborateurs, Manager, Pédagogie

Pourquoi cette question ?

Car il me semble que cette question est essentielle, primordiale… et qu’elle est lourde de conséquences, la réponse que vous apporterez peut changer votre management, votre gouvernance à jamais….

Parfois nous pensons agir, agir de notre propre chef, selon notre propre réflexion, avec notre libre arbitre… ou au moins agir dans le cadre de qui nous est fixé, par notre hiérarchie, par nos actionnaires, pour nos clients… en bref le cadre du « possible » … et plus le temps passe, plus ce cadre semble étroit, c’est déjà un miracle de pouvoir avancer dans cet espace confiné et … de rester motivé pour son job, pour son entreprise…

Tout en restant, dans un premier temps dans ce cadre, nos actions sont souvent guidées par une situation subie, par un contexte que nous découvrons, par un environnement changeant non anticipé, par une situation concurrentielle nous y contraignant, par notre propre hiérarchie ou par nos actionnaires qui… réagissent et donc changent le cadre, ou imposent le contenu du cadre,… etc…

Très souvent la solution qui apparait comme la panacée pour certaines entreprises est le « Benchmarking » ou la « Veille dite stratégique » comme outils de « copiage », car pour nombreux Comités de Direction il n’est pas possible d’imaginer, d’envisager un quelconque  changement sans s’appuyer préalablement sur les « meilleures pratiques » des Leaders du marché/ du secteur.

Les intentions sont certainement louables : gagner du temps en supprimant des étapes, aller directement au but de ce qui se fait de mieux, rattraper rapidement le retard, etc… la seule remarque que j’y oppose c’est que nous nous préoccupons pas ou peu des inconvénients, voire des conséquences désastreuses de ces méthodes…

Le premier inconvénient est qu’il nous fait parfois oublier l’essentiel…

L’essentiel c’est qu’il en est d’une Entreprise comme du Management, ils s’appuient tous les deux  sur une chose essentielle, qui est d’ailleurs  la seule à être une ressource différentiable à l’infini… : les Hommes. Et que cette ressource est elle-même essentielle aux défis d’aujourd’hui…

Oui je ne parle pas de bras et de jambes… dans ce que nous utilisons très souvent de l’Homme… mais du reste…

Pendant des années, dans notre monde capitaliste, les entreprises ont pensé que leur vocation était de générer des produits et des services à leur marché, de façon concurrentielle de manière à générer de la Valeur Ajoutée leur permettant de rétribuer les collaborateurs et surtout de générer du Cash et de la Valeur matérielle pour rémunérer le plus possible le capital investi.

Tous les modèles de management depuis des décénnies sont focalisés sur la production de produits et services performants.
Et nous découvrons que si l’entreprise n’a que cet objectif elle est condamnée à… mourir !

Les déséquilibres structurels à travers la planète devenue un village, entre les monnaies et entre le cout du travail, malgré des considérations environnementales qui n’ont pas encore été prises suffisamment sérieusement prises en compte, nous font découvrir la nécessité impérative et même Stratégique de l’Innovation.

Le monde de l’Internet temps réel et la puissance du collectif , nous font aussi découvrir que les modèles mentaux qui consistaient à confiner l’innovation au sein de services Marketing et R&D sont insuffisants et surtout ne permettent pas de s’adapter à la bonne vitesse des besoins et attentes de son environnement changeant.

Aujourd’hui, le monde économique découvre le coté stratégique de l’Innovation Collaborative Ouverte.

Maintenant chacun y va de ses outils, de ses méthodes…. de ses conseils…

La ressource essentielle dont je parlais tout à l’heure, l’Homme, avec sa créativité, son imagination, son cerveau… devient Stratégique !

Mais quand il loue ses bras et ses jambes ça se voit… quand il garde ses idées, quand il craint de s’exprimer, quand il a perdu confiance en son Management, en son entreprise… cela est plus délicat…

Alors nous prenons conscience que de se focaliser sur l’atteinte d’objectifs qui sont les notre, dans le cadre qui nous est défini nous fait parfois perdre de vue ou oublier que la ressource la plus stratégique de l’entreprise est le cerveau des collaborateurs de l’entreprise…

Alors peut-être voudrons nous redécouvrir certaines lois simples comme celle-ci : L’être humain a besoin, entre autre, d’être écouté, de recevoir de la reconnaissance, de sentir qu’il est apprécié et de… s’affirmer. [Jacques Salomé]

Ou bien celle-ci : « La seule manière d’obtenir des gens qu’il fassent ce que l’on veut c’est… qu’ils aient envie de le faire. » [Dale Carnegie]

Alors que ces méthodes, qui vont « prendre ailleurs ce que l’on pourrait faire nous même », renvoient beaucoup de défiance et génèrent une démobilisation, une lassitude, un désintérêt des collaborateurs pour leur propre entreprise… Alors ensuite l’entreprise ne comprend pas que malgré les moyens mis en place, malgré les ouvertures proposées, ces collaborateurs participent mais de façon passive et désimpliquée, au devenir de l’entreprise…

  • Donne t-on « envie » à nos salariés (parfois appelés « collaborateurs ») de collaborer ?
  • Ah bon ? leur avez-vous demandé ?
  • Les écoute t-on de façon sincère et authentique ?
  • Leur accorde t-on une reconnaissance juste ?
  • Se sentent-ils appréciés ?
  • Ont-ils un espace pour s’affirmer ? se développer ou préfère-ton qu’ils se soumettent… en permanence ou très/trop souvent ?
  • Les croient-on pas assez « intelligents » pour ne pas percevoir les « manipulations » et autres « fausses relations » qu’on leur propose ?

Que peut-on espérer en retour ?

Oui la confiance perdue, est difficile à regagnée…

Et à ce jeu le perdant est l’entreprise… car une fois toutes les ressources mises à disposition, (et que vos concurrents peuvent aussi se doter, elles ne sont dont pas si stratégiques… il n’en reste qu’une qui vous permette d’atteindre vos objectif de façon pérenne… vos Hommes.

Alors comment maintenir la confiance quand elle existe ? comment la regagner quand on l’a piétinée depuis de décennies ?

A votre avis ???

Il est vrai que nous plutôt que d’agir nous réagissons…. plutôt que de faire confiance à nos collaborateurs, nous allons chercher ailleurs les solutions, plutôt que de nous remettre en question , il nous est beaucoup plus simple de remettre en question… les autres.. l’organisation, les systèmes, les processus, le dirigeant…

Les effets du « prenons ailleurs ce qui existe en nous même » sont-ils ceux espérés ?

De la même manière que les approches analytiques des diagnostics ont largement montré leurs limites (*),  les approches de veille (pour copier) et de benchmarking pourront-elles résoudre la problématique de ce qu’on attend d’eux ?

  • Souhaite t-on simplement rester « collés » aux Leaders ?
  • Souhaite t-on passer une grande partie de notre énergie et de nos forces vives à tenter de ressembler à la Star du secteur ?
  • Une stratégie de « suiveur » peut-elle créer un Leader ?
  • Une fois les meilleures pratiques des meilleures entreprises mises en place (si tenté qu’on y arrive…) aura t-on pour autant atteint le but de votre entreprise ?

Mais au fait, quel est le but de votre entreprise ?

  • Le savez-vous précisément ?
  • Cela intéresse t-il vos clients ?
  • Vos actionnaires le savent-ils ?
  • Vos managers en ont-ils une idée claire ?
  • Vos collaborateurs y adhèrent-ils ?
  • Vos partenaires sont-ils en phase ?

Quelle est la vision de votre Comité de Direction, sur lequel il est censé être mandaté par les Actionnaires pour conduire l’entreprise ?

Peut-être que  je vous ennui avec ces questions qui semblent loin de votre quotidien, de vos préoccupations immédiates ? je comprends

Et puis, pourquoi se poser des questions sur des sujets sur lesquels nous ne pouvons agir ? (2)

Êtes-vous certain de ne pouvoir agir justement sur ce sujet précis ?

Êtes-vous certain de ne pouvoir agir plutôt que de réagir (par rapport aux dysfonctionnements, aux contraintes imposées, aux concurrents, aux méthodes,…) ?

Mais alors c’est quoi agir ?

Voila une bonne question… qu’en pensez-vous ?

——————————————————————-
(1) Je publierais prochainement un billet sur ce sujet : « Méfaits de l’approche analytique des diagnostics… »

(2) J’enseigne régulièrement que seules les questions que nous devons nous poser sont celles  qui, posées positivement, relèvent de ce qui est dans notre pouvoir de faire évoluer. Je publierais prochainement un billet sur ce sujet : « De l’importance de se poser les bonnes questions…« 

2 Responses to “Agir ou réagir ?”

  1. […] je l’avais proposé lors de mon article sur «  Agir ou réagir ?  » je vais aborder ici  le sujet des « Méfaits de l’Approche […]

  2. MERCI EXCELLENT !
    Cet article mérite d’être lu et … bien plus encore 8o)

TOP